Les vaccins favorisent-ils l'autisme ?
Diffusé sur CNN le 20 novembre 2002
Paula Zahn, animatrice : Bienvenue. Je me présente : Paula Zahn qui remplace aujourd'hui Connie Chung.
Des enfants en danger : l'autisme gagne-t-il du terrain ?
(DEBUT DE SEQUENCE VIDEO)
Rick Rollins, père d'un enfant autiste : C'est l'enfer sur terre.
(FIN DE LA SEQUENCE)
Journaliste : Les vaccins peuvent-ils faire plus de mal que de bien ? Ce soir : comment protéger vos enfants.
P. Zahn : L'autisme est-il en progression, les vaccins injectés aux enfants sont-ils à incriminer ? Pour ce qui de la première question, beaucoup de signes laissent à penser que l'autisme gagne du terrain. La Californie fait état d'une augmentation de 273 % des diagnostics au fils des dix dernières années. Mais faut-il incriminer les vaccins ?
Nous avons demandé à Rusty Dornin de s'attaquer à ce sujet de controverse.
(DEBUT DE SEQUENCE VIDEO)
Rusty Dornin, correspondant CNN (voix-off) : tout va bien : un beau bébé en pleine santé. Puis à 15 mois, comme tous les autres bébés, Russell Rollins a reçu son vaccin ROR.
R. Rollins : Il a violemment réagi à ce vaccin, en particulier en poussant des hurlements suivis pendant des jours de cris perçants et d'agitation.
R. Dornin : Dix ans plus tard, les problèmes sont toujours là : Russell Rollins est autiste. Quel est votre vécu de parent ?
R. Rollins : C'est l'enfer sur terre, l'enfer pour chacun d'entre nous, l'enfer pour mon fils qui souffre terriblement de ces troubles.
R. Dornin : Et les choses ne sont pas simples pour ces enfants à l'école. Nous nous trouvons à l'école pour enfants autistes ABC, les classes sont pleines. Le nombre d'enfants autistes est-il en augmentation, voyez-vous de plus en plus de familles frapper aux portes de classes telles que celle-ci ?
R. Rollins : Oui, que ce soit pour l'école ou les services de prise en charge à domicile, l'augmentation ne serait-ce que par rapport à l'année dernière est sensible. Nous avons environ 15 enfants de plus que l'année précédente.
R. Dornin : Et les parents se posent des questions. Nul ne connaît l'origine de ces anomalies de développement du cerveau, mais Rick Rollins qui est devenu très actif dans les milieux associatifs de l'autisme estime que tout cela a un lien avec les vaccins.
R. Rollins : 33 % des familles qui ont récemment obtenu un diagnostic sont convaincues que les vaccins ont joué un rôle dans l'apparition des troubles de leur enfant.
R. Dornin : Pourtant, une sérieuse étude danoise a récemment exclu tout lien entre les vaccins et l'autisme. Le pédiatre épidémiologiste Robert Byrd ne croit pas à la responsabilité du vaccin ROR mais estime fondées les inquiétudes actuelles quant au contenu de certains vaccins. Il se félicite du retrait, l'année dernière, de la petite quantité de mercure utilisée comme conservateur dans certains vaccins.
Dr Robert Byrd, épidémiologiste : Prétendre inclure quelque chose de potentiellement dangereux dans quelque chose qui est sensé être entièrement bénéfique est un contresens.
R. Dornin : Robert Byrd a récemment publié une étude contredisant la thèse selon laquelle la progression massive enregistrée par la Californie était imputable à l'amélioration des diagnostics et à l'augmentation de la population. Le phénomène vaut probablement pour l'ensemble des Etats-Unis, mais la Californie est le seul état à recenser les enfants autistes.
Il n'existe aucun test biologique de l'autisme. Certains chercheurs pensent à un lien entre la génétique et l'environnement, mais pour Robert Rollins, les vaccins sont les seuls responsables. Pensez-vous qu'il puisse y avoir d'autres facteurs ?
Dr Robert Byrd : J'en suis convaincu. Vous savez, je ne crois pas qu'un seul chercheur puisse actuellement envisager une cause unique.
R. Rollins : Nous nous inquiétons jour et nuit pour son avenir, nous nous demandons qui prendra soin de lui lorsque nous ne serons plus là.
Un baiser.
R. Dornin : Rusty Dornin, CNN, Sacramento, Californie.
(FIN DE LA VIDEO)
P. Zahn : Voici maintenant Bernard Rimland, directeur de l'Autism Research Institute de San Diego. Pour Bernard Rimland, tout pourrait être bel et bien lié aux vaccins.
Dr Rimland, merci d'avoir accepté notre invitation. Bienvenue sur ce plateau.
Pourquoi pensez-vous que les vaccins pourraient faire partie de cette équation ?
Bernard Rimland (ARI) : Et bien, cela fait 35, 40 ans que je m'intéresse à la question.
J'ai commencé dans les années 60 à recueillir auprès des parents des indices sur les causes possibles de l'apparition des troubles de leur enfant. Déjà à l'époque, un certain nombre de parents affirmaient que leur enfant s'était développé parfaitement normalement jusqu'à ce qu'il soit vacciné. Il est actuellement indéniable que l'autisme se répand comme une traînée de poudre.
L'étude californienne parmi bien d'autres fait état d'une réelle épidémie. Les conclusions sont les mêmes de différents côtés : les vaccins sont l'un des principaux facteurs de cette augmentation. Les études des laboratoires ont été largement ignorées. Il existe au moins sept études, des études cliniques, avec analyses de sang, du liquide cérébro-spinal, biopsies montrant d'énormes différences entre les enfants autistes et les enfants non autistes, notamment la présence de choses telles que le virus de la rubéole dans la paroi intestinale ou le cerveau. Les conclusions de toutes ces études convergent.
Et puis, nous avons aussi des données de milliers de parents qui ont témoigné, souvent vidéos, photos et témoignages de tiers à l'appui, du développement parfaitement normal de leur enfant avant sa vaccination. Et là, ils peuvent vraiment le prouver de manière très convaincante jusqu'au moment de la vaccination. Ensuite on voit ces enfants plonger dans l'autisme. De toute évidence, les témoignages convergent.
P. Zahn : Mais docteur, il est aussi vrai que tous les enfants vaccinés ne deviennent pas pour autant autistes. Certains scientifiques croient à une susceptibilité génétique préexistante qui prédisposerait presque ces enfants à contracter l'autisme. Que leur répondez-vous ?
B. Rimland : Et bien je suis parfaitement d'accord avec cette thèse. Déjà en 1964, mon livre " Infantile Autism " établissait sans aucun doute la composante fortement génétique de l'autisme.
Pour ce qui est des vaccins, l'aspect génétique se traduit très certainement par une immense difficulté à se détoxiquer des métaux lourds, dont le mercure. Chez certains sujets, la sensibilité au mercure peut être de 10 000 % plus élevée que chez d'autres. Nombre des vaccins qui ont été inoculés à ces enfants autistes contiennent d'énormes quantités de mercure, des quantités vraiment incroyablement élevées d'un mercure extrêmement toxique, ajouté en guise de conservateur dans les vaccins.
C'est l'association de cette prédisposition génétique et du mercure, aggravée par la multiplication des vaccins depuis un certain nombre d'années, qui explique cette augmentation des cas d'autisme. Lorsque mon fils autiste est né, dans les années 50, les enfants recevaient en tout et pour tout une injection contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos avant l'âge de deux ans.
Maintenant, s'il l'on se conforme aux programmes de vaccination préconisés, les enfants reçoivent 22 doses de vaccins avant l'âge de deux ans. La population des enfants autistes a augmenté parallèlement au nombre de vaccins inoculés avant l'âge de deux ans.
P. Zahn : Que conseillez-vous alors aux parents ? Je me souviens de l'époque où j'ai fait vacciner mes trois enfants. Que faire lorsque le médecin vous remet cet horrible formulaire qui dresse la liste de tous les dangers qui guettent votre enfant, et que vous devez signer que vous avez bien pris connaissance de tout cela, que faire ?
B. Rimland : Et bien, il y a un certain nombre de recommandations qui remportent l'adhésion de tous les spécialistes.
La première est de veiller à ce que votre enfant ne se fasse pas injecter un vaccin contenant du mercure. Le mercure se trouve dans le thimésoral, un conservateur qui est sensé avoir été retiré du marché. Les vaccins fabriqués depuis 1999 n'en contiennent normalement plus, mais de très nombreux vaccins encore stockés chez les médecins ou dans les pharmacies en contiennent encore. Donc la priorité absolue est de s'assurer que les vaccins utilisés ne contiennent pas de mercure.
Autre règle extrêmement importante, ne jamais vacciner un enfant malade ou présentant des signes de dysfonctionnement immunitaire, rhume ou autre. Un principe dont je suis convaincu qu'il devrait faire office de règle, c'est de cesser de vacciner les enfants aussi jeunes. Certains enfants reçoivent des vaccins multiples avant même de quitter la maternité. Certains spécialistes sont d'avis d'attendre un an avant de vacciner, d'autres 6 mois. Le plus tard est le mieux.
P. Zahn : Et bien vous venez de nous livrer beaucoup d'informations pour alimenter la réflexion et le débat. Dr Bernard Rimland de l'Autism Research Institute, merci beaucoup pour votre présence ce soir.
B. Rimland : Je vous en prie. Merci pour cette invitation.
P. Zahn : Nous voulions aussi parler de ce dilemme auquel sont confrontés les parents lorsqu'il s'agit de décider si la protection des vaccins vaut les risques présumés qui leur sont attribués. Nous avons demandé à notre correspondant médical, le Dr Sanjay Gupta, de nous éclairer.
Dr Gupta, vous vous destinez à la neuro-chirurgie.
Dr Sanjay Gupta, correspondant médical de CNN : c'est cela.
P. Zahn : Vous savez ce que cela représente pour les parents, tous ces prospectus qu'il leur faut lire chez leur pédiatre. En tant que parent, on hésite : " Est-ce que mon enfant risque vraiment d'attraper telle ou telle terrible maladie, est-ce que je le fais vacciner en prenant le risque de le voir devenir autiste ? "
S. Gupta : Oui, je sais. Je pense que Bernard Rimland a bien fait le tour de la situation. C'est évident.
Le nombre de vaccins actuellement administrés aux enfants a presque triplé, si ce n'est quadruplé en 20 ou 30 ans dans certains cas, pour certains vaccins. C'est ainsi que de nombreuses maladies infantiles, de nombreux fléaux de l'enfance ont pu être éradiqués.
Quand vous pensez à des maladies comme la rougeole, la rubéole et les oreillons, si on considère qu'on peut, grâce à la vaccination, éviter toutes ces maladies, les avantages l'emportent de loin sur les éventuels risques que...
P. Zahn : … oui mais vous venez d'entendre la même interview que moi, dans laquelle le médecin disait que l'on avait trouvé des traces du virus de la rougeole dans les neurones d'enfants autistes.
S. Gupta : Oui, mais on parle aussi de polypes dans les intestins, par lesquels certains virus et bactéries pénétreraient peut-être dans le corps.
Beaucoup de recherches sont en cours. C'est d'ailleurs probablement l'un des domaines pédiatriques qui font actuellement l'objet du plus grand nombre d'études. Et là, on trouve vraiment des articles dans les deux camps. Que ce soit à cause de ce dérivé du mercure dont on a tant entendu parler ou d'autres facteurs, personne n'a encore prouvé que certains vaccins pouvaient déclencher l'autisme.
P. Zahn : Tout de même, cela ne me rassure pas de penser que tous ceux d'entre nous qui ont fait vacciner leurs enfants avant 1999 ont matière à s'inquiéter. Que pouvez-vous nous conseiller ce soir ?
S. Gupta : Vous évoquez 1999, et c'est important.
En 1999 le CDC - l'institut fédéral de recherche sur les causes et la prévention des maladies -, l'académie américaine de pédiatrie, ainsi que de nombreuses organisations se sont réunis et ont pris une décision : " Il faut nous débarrasser de ce dérivé du mercure des vaccins. Il y en avait une quantité donnée dans les vaccins, et bien nous allons complètement nous en débarrasser. Pourquoi ? Parce les gens n'ont plus confiance et du coup ne font plus ce qu'ils ont à faire : faire vacciner leurs enfants ".
Ces organismes n'ont en revanche jamais admis la moindre responsabilité ou culpabilité, ni reconnu le moindre lien entre les vaccins et les effets qui leur sont reprochés, l'autisme étant évidemment le principal sujet d'actualité. Le thimésoral, ce dérivé du mercure, n'est plus présent dans les vaccins actuels. Alors le meilleur conseil que l'on puisse donner est de continuer à faire vacciner ses enfants. Le lien entre le mercure et l'autisme n'a jamais été prouvé, et comme il n'y a plus de thimésoral, raison de plus pour ne plus hésiter.
P. Zahn : Sanjay, merci pour votre appel qui nous a permis d'avancer.
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