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Autism Research Institute International, Vol. 13, No 4, 1999

Les effets bénéfiques de la mélatonine sur le sommeil se confirment

Une étude japonaise vient de confirmer que l'hormone de la mélatonine, disponible sous forme de complément alimentaire, pouvait alléger les problèmes de sommeil des enfants atteints de troubles du développement.

L'une des principales fonctions de la mélatonine, hormone secrétée par l'épiphyse du cerveau, est d'induire des sensations de somnolence. Elle est secrétée en quantités bien supérieures pendant les heures sombres.

A. Ishizaki et son équipe ont évalué les effets de la mélatonine sur 50 enfants et jeunes adultes, dont 27 sujets autistes présentant des troubles du sommeil. Ces troubles englobaient insomnies et irrégularités des cycles de veille-sommeil.

"On a pu observer une amélioration liée à la prise de mélatonine chez trente-neuf pour cent des sujets atteints d'insomnie et trois des patients présentant des troubles du rythme circadien", ont indiqué A. Ishizaki et son équipe. Ils notent toutefois que les effets de la mélatonine ont tendance à s'estomper avec le temps en cas d'utilisation prolongée. Les auteurs de l'étude ont également noté des effets secondaires mineurs tels que somnolences matinales, réveils au milieu de la nuit ou agitation avant ou après l'endormissement chez 17 des sujets.

Dans une autre étude, A. Miyamoto et son équipe avaient étudié les effets de la mélatonine sur le sommeil de filles atteintes du syndrome de Rett. Ils avaient préalablement relevé les taux de mélatonine chez les deux sujets de l'étude, et trouvé que ces dernières présentaient des schémas de sécrétion atypiques.

A. Miyamoto et al. ont entrepris de prescrire 5 mg de mélatonine au coucher et constaté une "amélioration spectaculaire du cycle de sommeil chez l'une des deux patientes". La deuxième présentait des améliorations mais continuait de temps à autre de se réveiller tôt le matin. Les troubles du sommeil avaient repris dès l'arrêt du traitement. Le traitement avait été alors repris, cette fois à raison de 3 mg au coucher, avec à nouveau une amélioration des cycles de sommeil des deux patientes, amélioration qui s'était maintenue pendant deux ans.

"Ces résultats, estime A. Miyamoto, suggèrent que les troubles du sommeil des patientes atteintes du syndrome de Rett pourraient être associés à un déficit de sécrétion de la mélatonine".

Synthèse : presque toutes les études s'avèrent positives

Ces deux nouvelles études viennent étayer un nombre croissant de données laissant supposer que la prise de mélatonine est efficace pour les enfants présentant des troubles du sommeil. Des chercheurs canadiens qui se sont récemment livrés à la synthèse d'une vingtaine d'études consacrées aux effets de la mélatonine chez les sujets handicapés ou non, ont noté que presque toutes concluaient à des effets positifs.

"La littérature disponible ainsi que notre expérience montrent que la normalisation des schémas d'endormissement avait une incidence notable sur le comportement des enfants, moins irritables, plus calmes, plus joyeux, et plus affectueux", ont indiqué James E. Jan et son équipe. "Les performances cognitives, la vitesse d'apprentissage, la mémoire et les capacités de raisonnement ont tendance à s'améliorer". En outre, estiment-ils, beaucoup d'enfants deviennent plus sociables et s'automutilent moins.

Dans une précédente étude, Jan et al. avaient noté que la mélatonine, donnée à des doses de 2,5 à 1 mg, s'avérait bénéfique chez plus de 80 pour cent des enfants (handicapés pour la plupart) présentant des troubles du sommeil. Les chercheurs attirent toutefois l'attention sur le fait que, "pour que des traitements de mélatonine efficaces puissent être définis, une expérience clinique s'impose afin de faire la part de l'incidence d'autres problèmes de santé et des interactions avec d'autres traitements".

Jan et son équipe notent que les études menées imputent à la mélatonine une amélioration globale de la santé et des courbes de croissance. Ils indiquent également une diminution des crises d'épilepsie chez certains sujets, tout en évoquant une étude ayant en revanche révélé une aggravation des crises (éventuellement due à des interactions avec des traitements antiépileptiques).


"Usefulness of melatonin for developmental sleep and emotional/behavior disorders - studies of melatonin trial on 50 patients with developmental disorders," A. Ishizaki, M. Sugama et N. Takeuchi, No To Hattatsu, Vol. 31, No 5, septembre 1999, pp. 428-437. Adresse : A.Ishizaki, Oji Clinic, Division of Medicine, Tokyo, Japan.

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"Serum melatonin kinetics and long-term melatonin treament for sleep disorders in Rett syndrome," A. Miyamoto, J. Oki, S. Takahashi et A. Okuno, Brain Development, Vol. 21, No 1, janvier 1999, pp. 59-92. Address: A. Miyamoto, Department of Pediatrics, Asahikawa Medical College, Hokkaido, Japan.

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"Melatonin treatment of sleep-wake cycle disorders in children and adolescents," James E. Jan, Roger D. Freeman et Diane K. Fast, Developmental Medicine & Child Neurology, Vol. 41, 1999, pp. 491-500. Adresse : James E. Jan, BC Children's Hospital, 4480 Oak Street, Vancouver, BC V6H 3V4, Canada.

Traduit par é.t.i.c